La discussion est vite entamée malgré quelques réticences: “J'aurai souhaité une table ronde où seraient présents tous les anciens vivants. Les risques d'omission seront réduits”. Une suggestion tout à fait pertinente, mais pris par le temps nous devions nous contenter de notre initiative.
M. Kemmat avoue que l'idée de créer un club est venue comme cela. Elle avait commencé à germer au courant du mois de mai 1937. “Il y avait une équipe de quartier, le club sportif de la rue saluste qui nous avait plu. Nous, c'était Lahmar dit Ali Zaid, Zemmour Ali, Slimani Ali, Bennour Said, Meddad Arezki et moi, une bande de copains de quartier qui vivait les temps durs de la colonisation. Nous discutions souvent, de tout, des choses de la vie.. Et puis de fil en aiguille nous arrivions au sport. L'exemple des clubs musulmans de l'époque nous enflammait. Un désir ardent de faire quelque chose nous gagnait chaque fois que le sujet était abordé. Tous ces clubs nous avaient inspirés, parmi
lesquels l'OSM Oran créée, elle , en 1928 pour ce qui est de l'appellation je connaissais tous les rouages d'une telle opération. Mes fréquents contacts avec Mouloud Djazouli dirigeant très actif du MCA m'avaient beaucoup appris. Je me mis tout de suite au travail. Il fallait préparer les statuts et le dossier à déposer auprès des services de la préfecture. Aussitôt dit, aussitôt fait, le dossier est enregistré sous le numéro - attendez si mes souvenirs sont exacts - 1687. Le seul truc qui <<choquait>> l'administration coloniale était le mot musulman. Il était très mal vu. On discuta, on argumenta des deux côtés et l'agrément fut accordé. Le 5 juillet 1937 le club était crée. L'USMA était née. Son siège se trouvait à la rue du Divan. Son premier conseil d'administration comprend bien sûr les premiers nommés ci-dessus auxquels viendront s'ajouter Amrani Abdelkader, Hemmaz Omar, Lakehal Omar, Basta Mohamed Ouali, Zennagui Mohamed, et Cherifi Ali. Le premier président fut Meddad Arezki, le propriétaire du café du quartier. Quand on le lui annonça, ce cher Arezki, il était aux anges